Le jour où je suis rentrée de l’immigration à dos d’âne

Au fait, je suis rentrée de l’immigration à dos d’âne.
Je pense qu’il faut qu’on en parle.
Cette journée aurait pu être tout à fait glorieuse puisqu’elle avait commencé par Clélia qui obtient son titre de séjour en 2h30 top chrono, grâce à du dialogue de sourd en broken arabic et à un coup de poing dans la gueule de Mahmood de la compta qui faisait chier pour un Bahchich.
Sauf que sur le chemin du retour, pour la troisième fois en tout juste 6 mois, le taxi dans lequel je suis montée est tombée en panne en pleine voie rapide. Et en pleine tempête de sable, aussi.
Et bien sûr, les tacos insupportables qui klaxonnent habituellement comme des sourds pour racoler dans tout le Caire avaient disparus de la circulation, en même temps que ma 4G.
La providence m’a donc envoyé une charrette tirée par un âne et qui avançait dans le sens de la marche (la providence, vraiment).
J’ai ramassé le peu de dignité et de résilience qu’il me restait pour demander au bédouin et à sa femme où j’étais – ce qui a donné un pauvre « ana fin ? » qui après réflexion ne veut absolument rien dire.
Ils ont pris sur eux pour ne pas se foutre de la blanche en ballerines croco qui s’était improvisé un niqab avec son carré Hermès pour pas rendre l’âme, puis ils m’ont fait signe de chevaucher leur monture.
Je ne sais vraiment pas ce que j’aurai encore à raconter le jour où je quitterai ce pays 🤦‍♀️

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